mardi 24 avril 2012

Tuée en Espagne... Quelques femmes dans la guerre d'Espagne.



"MIMOSA"

Originaire d’une famille de la classe moyenne, Georgette Brivadis (du nom de sa mère, Léontine), puis Ango après la reconnaissance par son père Robert en 1908, avait quitté la maison familiale à l’êge de 16 ans pour gagner Paris où elle fut accueillie chez André Colomer dont la compagne, Magdalena, l’initia aux idées libertaires. Elle vécut ensuite à partir de 1925 en union libre avec Fernand Fortin et fut membre du groupe Education Sociale que ce dernier avait fondé à Loches en Touraine et où elle commença à intervenir dans les meetings et les festivals. Revenue à Paris en 1928, elle fit partie sous le nom de scène de Mimosa d’un groupe théâtral qui animait les réunions et les festivals libertaires en région parisienne. Selon Lola Iturbe « …quand elle avait fini son récital, elle descendait dans la salle et vendait La Revue Anarchiste » (Paris, 25 numéros de décembre 1929 à juin 1936) dont le gérant était son compagnon Fortin. A la même époque elle obtint un diplôme d’infirmière.

Georgette, surnommée « Mimosa » épousa en novembre 1931 le militant socialiste Mieczcjslaw Kokoczinski et fréquenta « les milieux socialistes d’extrême gauche, ce qui ne l’empêcha pas de maintenir des relations avec ses anciens camarades » 


Le 18 septembre 1936 Georgette partit pour l’Espagne et s’enrôla dans le groupe international de la colonne Durruti. Cette unité, formé par le célèbre militant anarcho-syndicaliste Buenaventura Durruti, est la plus puissante formation envoyée depuis Barcelone vers Saragosse, alors aux mains des insurgés Nationaux. Elle était composée des éléments les plus combatifs et des militants les plus motivés de la CNT-FAI. Elle fut ensuite envoyé sur le front de Madrid où la situation était désastreuse. Épuisée par le long voyage, elle monta en ligne mais dut se replier. La colonne Durruti participa ensuite aux très après combats de la cité universitaire, au cours de laquelle elle fut décimée et son chef - a priori - tué par un tireur isolé.Envoyée sur le front d’Aragon où elle s’occupait avec entre autres les militantes allemandes Augusta (et non Auguste!) Marx et Madeleine Gierth de l’infirmerie et de la cantine, Georgette fut tuée avec plusieurs autres infirmières le 16 octobre 1936 lors de la bataille de Perdiguera où périrent plusieurs dizaines de volontaires étrangers dont les militants français Roger et Juliette Baudard, Yves Vitrac, Bernard Meller, Jean Delalain, Suzanne Girbe, Louis Recoulis, René Galissot, Jean Albertini, Jean Giralt, Raymond Bergé et Henri Delaruelle.



Les détails de sa mort ne sont pas connus mais il semble qu’elle fut capturée par les franquistes, fusillée avec d’autres compagnons, puis, selon certains témoignages que son corps fut brûlé dans une grange. Selon le témoignage d’Antoine Giménez, elle aurait été capturée avec Augusta Marx, une autre infirmière, puis les deux femmes, dénudées et éventrées mais encore vivantes, auraient été jetées sur la ligne de front où un compagnon les aurait achevées. 

Après sa mort et en hommage, un groupe français adhérent à la Fédération anarchiste ibérique (FAI) de Barcelone portera son nom.

Il me semble que des carnets ou des souvenirs de Mimosa écrits en Espagne (ou des lettres) devraient être édités. A lire, en espagnol:



Sinon en français une mine d'infos, sur elle et sur d'autres (combattants internationaux de la Colonne Durruti), l'ouvrage absolument parfait des giménologues:



Les deux premières éditions sont épuisées, mais bon on le trouve et il est disponible pour ceux que ça tente en version pdf sur le site de l'éditeur... http://www.insomniaqueediteur.org/



Mika ETCHEBEHERE

Mika ETCHEBEHERE
Mika sur le front

Beaucoup de femmes prirent les armes à l'été 1936. Quelques unes luttèrent bravement dans les combats de rue contre le putsch des généraux, puis sur les différents fronts. Certaines suivirent les colonnes de miliciens antifascistes comme combattantes mais furent très vite reléguer au simple rôle d'infirmière. Les anarchistes comme le POUM n'étaient pas opposés à ce que certaines femmes fassent le coups de feu au côté des hommes. Mais lors de la militarisation des milices, sous peine de ne pas recevoir d'armes du gouvernement républicain, ils durent céder.

Mika ETCHEBEHERE, (née Michèle FELDMAN) est une exception. Née le 2 février 1902 en Argentine de parents juifs ayant fuit les pogroms en Russie, elle milite très jeune dans le groupe anarchiste de Rosario. En 1920, à l'Université de Buenos-Aires, elle rencontre son futur compagnon, Hippolyte ETCHEBEHERE qui milite au groupe "Insurrexit". Influencés par la révolution russe, ils adhèrent au parti communiste, mais ils en sont vite exclus pour "tendance anarchisantes". En 1931, ils se rendent en Europe. En 1932, ils sont à Berlin où ils ne peuvent que constater "La tragédie du prolétariat allemand". En juillet 1936, à Madrid, ils s'engagent dans la colonne du P.O.U.M (Parti Ouvrier d'Unification Marxiste, un parti marxiste certes mais non stalinien mais pas trotskyste non plus au sens stricte du terme et malgré ce que l'on dit trop souvent), mais Hippolyte meurt au combat le 16 août 1936. 



Mika au centre.

Mika prend à son tour le fusil, et est élue responsable de la compagnie par ses camarades. Puis la militarisation est imposée, et elle rejoint la 38e brigade. Sa compagnie décimée dans de violents combats, elle intègre comme officier la 14e division, dirigée par l'anarchiste Cipriano MERA. Elle participe aux combats jusqu'en juin 1938, puis les femmes renvoyées à l'arrière, elle donne des cours d'alphabétisation. Après mai 1937 et la mise hors la loi du POUM, elle est incarcérée par les staliniens et manque de connaître le même sort que nombre de ses camarades, éliminés par les "cheka" (déformation espagnole du mot tchéka). Elle doit finalement sa libération à ce même Cipriano Mera. A l'entrée des troupes franquistes dans Madrid, elle parvient à leur échapper et à passer en France. Durant le second conflit mondial, elle séjourne en Argentine, puis rentre en France la guerre terminée.
Elle est l'auteur d'un superbe livre  : "Ma guerre d'Espagne à moi" (1975) et l’héroïne d'un récit romancée de sa vie, "La Capitana", sorti récemment.






Fanny Schoonheyt



Fanny Schoonheyt, néerlandaise installée depuis 1934 en Espagne, parti sur le front d'Aragon avec les milices à l'été 1936 où elle à été blessée au cours d'un combat. Fanny devint vite, malgré elle, la coqueluche des journaux anti-fascistes qui en plus de souligner la "vraie" blondeur de sa chevelure la surnommèrent "la reina de la ametralladora", la reine des mitrailleuses. Plusieurs sources affirment que Fanny était «Directora" dans le "campo premilitar de instrucción" à Pins del Valles, un petit village non loin de Barcelone où étaient formées les recrues.



Elle était proche du PSUC (branche catalane du PCE) et certains murmurent qu'elle aurait eu une relation avec Ramon Mercader, futur assassin de Trostky lorsque tous deux étaient à l'hôpital. Pour en finir avec l'aspect "Paris-Match" de la chose, elle eut une relation avec un pilote à Toulouse où elle avait été envoyée, pour recevoir une formation... d'aviatrice (pourquoi en France et non en Espagne?) mais la fille dont elle accoucha en 1940 était d'un autre homme, républicain espagnol. Il y a beaucoup de zone d'ombres autour de cette femme qui était une combattante et une spécialiste mécanique reconnue, mais dont les liens avec le PSUC, les instances staliniennes et possiblement le NKVD soviétique font d'elle le parfait point de départ d'un roman d'espionnage d'où il est difficile de détacher le faux du vrai et vice-versa.

A lire... en hollandais! Les recherches d'une amie de sa fille.



Voilà, après, l'anarchiste, la POUMiste et la stalinienne... un peu de cinéma et quelques photos de combattantes et miliciennes anti-fascistes de la guerre civile espagnole.





Outre la grand LAND AND FREEDOM de Ken Loach qui évoque le sujet de ces femmes combattantes, on ne peut que conseiller le non moins excellent LIBERTARIAS, où la condition féminine en temps de guerre civile et en pleine révolution libertaire est au centre du film.








Une membre de Juventudes Libertarias pendant la révolution espagnole, contraint à l'exil en 1939, Rosa échoue dans le camp de concentration français Argelès-sur-Mer. Après la Seconde Guerre mondiale, elle participe à des activités clandestines en solidarité avec les prisonniers du Franquisme.



Quelques miliciennes atypiques dont Lola Anglada, du batallon de la muerte, unité anarchiste italienne, peut-être-celle qui figure sur quelques clichés connus.
























Anita Carillo, avec le grade de "commandante"


Lini Dunjes,





















Simone Weil, milicienne de la CNT... un bref passage...dont on se serait tous bien passé vu le nombre de conneries qu'elle raconta après un séjour de seulement quelques jours sur le front. Elle fut évacuée en France après s'être brûlée en faisant la popote.


Dans la lignée des intellectuelles, mais déjà plus conséquentes, Olga Loeillet Mary Low, Barcelone 1936








A Albecete, ville-garnison des Brigades Internationales.

















































































































1 commentaire:

  1. belle série de photos. Que les femmes sont belles !! J'ai eu le plaisir de rencontrer Emilienne Morin. Souvenirs de Durruti...

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