samedi 21 juillet 2012

LA GARDE NATIONALE A PARIS 1870 1871.

LA GARDE NATIONALE DE LA SEINE 
Les deux sièges - 1870-1871.


Avertissement: En ce qui concerne les documents présentés (photos cdv, papiers, peintures, dessins etc...), il y a de tout! J'ai puisé partout! Dans des livres, des sites, des collections particulières y compris la mienne. Je n'ai pas eu le réflexe de noter de quel site provient tel photo ou tel papier. Mais qu'une chose soit clair, ce n'est pas parce qu'une personne possède ou  achete une photo, qu'il en a la paternité! Les photographes, les dessinateurs ou les typographes, auteurs authentiques de ces documents, sont pour la plupart morts depuis bien longtemps! Toute cette iconographie relative à la garde nationale, au siège de Paris et à la Commune, du fait qu'elle touche à l'histoire nationale, sociale, militaire, appartient à tout le monde! Il ne s'agit ici que de partage d'informations, pas de vol ou de récupération. Ainsi mes propres documents présentés sur cette page sont naturellement libre de droits... je n'en suis pas l'auteur!!! Je les ai juste dénichés ici et là, en brocante ou autre. Dites qu'elles sont à vous, utilisez-les pour un site historique sans m'en faire part, reproduisez-les et vendez-les, je m'en cogne! Faites en ce que vous voulez je m'en branle!



LA GARDE NATIONALE EN 1870. 

Organisation. ▬ Après les premiers échecs en Lorraine et en Alsace, le Gouvernement impérial avait décidé de réorganiser la garde nationale sur les bases de la loi de 1851 ; puis la loi du 12 août avait assuré à cette réforme une application très étendue.

A Paris, en vertu des dispositions précédentes, le nombre des bataillons avait été porté de 51 à 60 et leur effectif fixé à 1.500 hommes. Mais le Gouvernement impérial, peu confiant dans ces bataillons, ne se hâtait pas de les armer, et le 21 août, le général TROCHU écrivait au Ministre de l'Intérieur que l'opinion publique ne comprenait pas l'hésitation du Gouvernement à armer la garde nationale. Lui-même en était, au contraire, partisan et considérait « qu'il y avait un véritable danger à ne pas prendre aujourd'hui une mesure qui sera commandée dans quelques jours par la gravité des événements ». 


Le mot d'ordre par Robida.

Le Gouvernement de la Défense nationale partagea la manière de voir du général TROCHU, et décida d'augmenter le nombre des bataillons ; dès le 6 septembre, une circulaire du Ministre de l'Intérieur ordonna la création, dans la garde nationale de la Seine, de 60 bataillons nouveaux à l'effectif, comme les anciens, de 1.500 hommes formés en 8 compagnies. Ces unités devaient être recrutées dans chaque arrondissement par les soins d'une commission de seize membres, nommée par le maire et chargée de dresser la liste des citoyens à incorporer. Aussitôt qu'un bataillon était ainsi constitué, le maire devait faire procéder à l'élection des officiers, sous-officiers et caporaux ; le chef de bataillon élu, emportant alors le procès-verbal de formation, devait se rendre à l'état-major de la garde nationale de la Seine où un bon pour la distribution des armes lui était immédiatement délivré.

Le dessinateur Robida pendant le siège de Paris par... Robida.

Dans la circulaire du 6 septembre, il n'était pas dit explicitement qu'il fût nécessaire d'être électeur pour 
devenir garde national et cependant il semble que cette condition était considérée comme indispensable par le Gouvernement, car, dans une circulaire de la veille relative à l'élection des cadres de la garde nationale, le Ministre de l'Intérieur avait écrit : « Les gardes nationaux de Paris, c'est-à-dire tous les électeurs inscrits sur les listes électorales, sont convoqués ..... ». D'ailleurs, comme on avait limité à 1.500 le nombre des hommes à incorporer dans chaque bataillon, les commissions nommées par les maires pouvaient égaliser les effectifs, limiter les admissions quand ces effectifs étaient atteints, et choisir jusqu'à un certain point les hommes à incorporer. 


L'instruction de la garde nationale par Robida.

Dans la précipitation des événements et de la constitution des bataillons, les commissions ne purent tenir compte de ces restrictions. Chacun demandait à être armé et l'allocation d'une solde journalière, fixée à 1 fr. 50 par le décret du 12 septembre, augmenta encore les demandes d'enrôlement. L'engouement fut tel que le Gouvernement ne crut pas, tout d'abord, devoir résister au développement de cette troupe. Le chiffre de 120 bataillons, fixé par le décret du 6 septembre, fut de beaucoup dépassé, sans qu'un nouveau décret fût intervenu. Le 30 septembre, il avait été créé 194 bataillons nouveaux ce qui, avec les 60 anciens, portait le nombre des unités à 254. Certains bataillons avaient été formés avec le personnel de quelques industries ou grandes administrations, tels, par exemple, le bataillon de la Banque de France (qui sous la Commune et bien qu'il fut sujet à caution par les communeux eux-mêmes, resta en faction à la Banque de France, ne prenant aucune part à la lutte ni d'un côté ni de l'autre), les bataillons de la Compagnie du gaz, des Petites Voitures, des Omnibus, des Chemins de fer de l'Est, du Nord, d'Orléans, etc. Les effectifs de ces 254 bataillons étaient des plus divers et allaient de 350 à 2.600 hommes. Enfin, les éléments qui les composaient avaient une valeur physique et surtout morale très variable. 
Le développement exagéré du nombre de ces bataillons, les difficultés créées par leur commandement déterminèrent enfin le Ministre de l'Intérieur à interdire, le 1er octobre, la formation de toute nouvelle unité.

Pour sa gestion administrative, la Garde nationale du département de la Seine est subordonnée hiérarchiquement au 1er bureau de la division de l’administration générale et départementale et au 4ème bureau de la 1ère division de la préfecture de la Seine. En période de guerre, la Garde nationale est subordonnée sur le plan opérationnel à l’état-major de la Place de Paris.

Une partie de l'état-major de la Garde Nationale de la Seine pendant le siège de Paris. Sur cette photo d'une extrême longueur, le général Clément-Thomas commandant de la garde figure à l’extrême droite. Il n'est pas visible sur ce cliché.

L’état-major général.


Une vue de l'état-major de la garde nationale de la Seine à Paris pendant la Commune.

L’état-major général est installé 22, place Vendôme (IIe arrondissement). Il se compose d’un groupe de officiers, parmi lesquels un commandant supérieur, qui a le grade de général de division , et d’un état-major d’officiers supérieurs portant les grades de colonels, lieutenants- -colonels, chefs d’escadrons et de capitaines. Cette structure de commandement a autorité et coordonne l’activité de six grands services :

-L’intendance militaire: L’intendance est encadrée par un intendant et trois sous-intendants . Sa mission est de veiller à l’équipement et au ravitaillement des bataillons.

-Le service de santé : Il est dirigé par un inspecteur général,  trois chirurgiens principaux et quatre chirurgiens majors . Ce service prend en charge les problèmes médicaux et contrôle les chirurgiens de bataillons. Ce service sera quasiment inopérant pendant le siège de Paris.

-Le jury de révision : Le jury se compose d’un président, d’un vice-président, de deux rapporteurs et de deux secrétaires, tous officiers supérieurs . Le jury statue sur l’aptitude du garde au service. Pour la période qui nous concerne, les jurys sont placés sous l’empire des articles 25 à 33 de la loi du 13 juin 1851. A partir du 12 août 1870, les jurés sont d’un nombre égal à celui des légions (20). Leur liste est dressée par la préfecture de la Seine sur présentation faite par les mairies d’arrondissement. Les jurés doivent impérativement savoir lire et écrire et être âgés de plus de 25 ans . Dans chacune de ces légions, un juré titulaire est désigné par le sort sur une liste de 25 gardes nationaux . La présidence du jury de révision est confiée à un juge de paix qui se substitue aux cadres nommés de l’état-major de la Garde nationale . Lorsque le jury siège, son quorum est de 7 membres. A partir du 27 septembre 1870, il n’existe plus qu’un jury pour toute la Garde nationale , alors que la milice compte presque 300 000 hommes en armes.

-Le magasin central de l’armement : Il est situé dans la mairie du VIIIe arrondissement, 11, rue d’Anjou Saint Honoré. Il s’agit du dépôt central des armes de la Garde nationale. Les autres armes sont déposées dans les mairies d’arrondissement. C’est à la mairie que les gardes prennent leurs armes lorsqu’ils sont en service.

-Le magasin central d’habillement : Il est placé sous l’autorité de deux officiers qui  s’occupent de la gestion des deux magasins de  fournitures, sis, 12, rue d’Anjou Saint-Honoré et 22, rue de l’Odéon. Le magasin central de l’habillement et de l’équipement est aussi signalé dans la mairie du 10ème arrondissement, rue du Faubourg Saint Martin. Il y a probablement eu plusieurs dépôts .

-Le bureau de l’état-major général : Trois officiers  dirigent quatre bureaux : le secrétariat, le service, la discipline et la comptabilité. Ce sont les bureaux centraux de l’état-major, notamment pour ce qui concerne le service, la solde et la comptabilité. C’est probablement dans ce bureau que siège les conseils d’administration des légions/subdivisions  dont la tâche est de présenter à la préfecture de la Seine l’état des dépenses et les pièces justificatives à fournir pour la gestion financière .

-La maison d’arrêt : La maison d’arrêt est située 5, rue de Boulainvilliers, à Auteuil (devenu le quartier d’Auteuil en 1860). Son directeur est en 1870, M. Van Heddeghem . A compter du 27 septembre 1870, les gardes nationaux sont placés en matière disciplinaire (et pour les délits majeurs) sous l’autorité des conseils de guerre . Pendant le siège, des maisons disciplinaires seront utilisées au siège des secteurs ;  elles sont remplacées en février 1871 par la prison de la Petite Roquette.


En résumé, l’état-major général supervise le fonctionnement quotidien des services et des unités de la milice citoyenne. L’activité des officiers d’état-major se divise en deux catégories : le service ordinaire – qu’ils exercent à tour de rôle  - et le service extraordinaire. Le premier, qui représente le service quotidien, se limite aux activités de gestion administrative courantes et pour les capitaines de garde, un service de veille et de contrôle des postes placés sous leur responsabilité. Le service extraordinaire correspond à la mise en activité de la Garde lors d’événements exceptionnels, c’est-à-dire les revues, voire les troubles de l’ordre public . La particularité de l’état-major général est également de disposer d’un conseil de famille . Ce conseil, à l’échelon de l’état-major, serait  une création de la Seconde République. Un arrêté du 25 février 1851, signé du général de brigade Foltz, chef d’état-major, général des Gardes nationales de la Seine, en fixe les compétences administratives. La particularité de ce groupement d’officier est l’usage de la nomination par l’élection des membres qui le compose. L’activité de ce conseil consiste, selon le préambule des statuts du 25 février 1851, à « veiller à l’honneur, à la dignité et aux intérêts du corps » . Ce conseil est composé de dix membres , dont un président, élu par les officiers de l’état-major réunis en assemblée générale et les autres officiers par les électeurs de grade identique (article 1er des statuts du 28 avril 1870). L’activité du conseil est principalement centrée sur la gestion comptable de la caisse de l’état-major, le paiement des amendes des conseillers absents et l’étude des candidatures nouvelles aux admissions à l’état-major ou au conseil. Ce conseil est à distinguer des conseils de famille.

Un point de vue humoristique mais non moins critique sur le désarmement de la garde nationale.

Armement. ▬ L'armement de toutes ces unités se fit avec d'autant plus de hâte que l'on croyait qu'une attaque de vive force serait dirigée contre la place et que la surexcitation générale augmentait au fur et à mesure que l'ennemi approchait. 
On peut affirmer que, dès le 19 septembre, jour de l'investissement, plus de 200.000 gardes nationaux étaient armés. Ceux-ci avaient reçu une grande partie des armes apportées par les 100.000 mobiles 
départementaux auxquels le fusil Chassepot avait été distribué après leur arrivée à Paris. En même temps, on leur avait distribué des armes des modèles les plus divers. On peut toutefois classer ces 
armes en deux catégories : 
1° Des fusils à tir rapide (presque en totalité fusils à tabatière), entrant pour un tiers environ dans 
l'armement total ; 
2° Des armes se chargeant par la bouche (une moitié de ces armes étaient des fusils rayés à balle oblongue et l'autre moitié des fusils lisses à balle sphérique. 
Autant que possible, on donna à chaque bataillon un armement uniforme, mais cette règle ne fut pas toujours suivie, étant donnée la précipitation au milieu de laquelle les distributions furent faites. C'est ainsi que, dans certaines unités, on trouva à la fois des fusils lisses et des armes à tir rapide (remingtons, sniders, chassepots), ces dernières cependant en très faible quantité. Le colonel CHAPER cite un bataillon, le 207e, qui avait 1.228 fusils à percussion rayés, 307 à tabatière, 52 carabines Minié, 150 fusils à percussion lisses, 4 carabines de dragons. D'après le colonel CHAPER également, on aurait distribué en octobre, 4 fusils Remington par bataillon. 
Sans tenir compte du petit nombre de carabines à tabatière, des fusils chassepots, sniders et remingtons, qui avaient tous une cartouche spéciale, différente, on voit que les munitions de la garde nationale, pour la masse des armes, étaient de trois espèces différentes et se composaient : 
1° de cartouches pour fusils et carabines à tabatière ; 
2° de cartouches à balle oblongue particulière pour fusil rayé se chargeant par la bouche ; 
3° de cartouches à balle sphérique pour le fusil lisse. L'armement de 
la garde nationale était donc varié, ce qui était un grand vice, et, de plus, il exigeait l'emploi de munitions différentes, ce qui était encore un plus grand défaut
Certains affirment qu'il fut délivré un nombre d'armes plus élevé que l'effectif des bataillons ne le comportait. Ce qui est sûr par contre c'est qu'en janvier, certains bataillons dits "dangereux" parce que à recrutement populaires ou réputés "rouges" n'avaient toujours pas d'armes!!!


Fusil "Chassepot" et son sabre-baïonnette. Le fourreau en 1870 était couleur acier. Il fut repeint en noir au tout début de la IIIème république mais après la guerre!
Carabine Minié.
Fusil "à Tabatière."
Fusil Remigton.
Le fusil 1822 t bis, simple fusil "à piston".
Fusil Snider.


Logement, groupement et emploi. ▬ Les gardes nationaux n'étaient pas casernés. Ils restaient, en principe, chez eux. On les rassemblait en des points déterminés, lorsqu'il en était besoin. 
L'arrêté du 8 septembre, créant les commandements des neuf secteurs de l'enceinte, comportait une répartition dans chacun d'eux de tous les bataillons de la garde nationale « formés ou à former ». Les chefs de bataillon ne devaient recevoir pour le service de guerre que les ordres du commandant de leur secteur. 
La garde nationale était ainsi, dès le début du siège, affectée uniquement à la garde des remparts et au service intérieur de la place. Elle avait pour mission de s'opposer à toute attaque de vive force que l'ennemi aurait pu diriger contre la place. Son rôle primordial fut donc un rôle défensif. Plus tard, on songea à l'utiliser pour les opérations offensives. Le 17 octobre, parut à l'Officiel un décret en date du 16, ordonnant la formation, dans chaque bataillon, d'une compagnie de volontaires; quatre compagnies 
réunies devaient former un bataillon de guerre. 
Certains ont pu dire que les enrôlés n'abondèrent pas. C'est sans compter les nombreuses pétitions de gardes nationaux demandant à marcher contre l'ennemi. Ces pétitions adressées à Clément-Thomas furent ignorées par lui-même ou par son administration. Elles étaient pourtant signés par des ouvriers patriotes qui avaient fait l'armée. Cette tentative d'organisation échoua, en partie, à cause du défaut de précision du décret sur les services demandés à ces troupes et aussi encore une fois, parce qu'on se méfiait de voir des ouvriers armés ou trop motivés. 
Le 9 novembre, parut enfin un décret disposant que chacun des bataillons armés fournirait quatre compagnies de guerre, dont le recrutement, l'effectif et le commandement étaient prévus. 
Les hommes valides des catégories ci-dessous devaient fournir les effectifs des compagnies de guerre :
1° Volontaires de tout âge ; 
2° Célibataires ou veufs sans enfants, de 20 à 35 ans ; 
3° Célibataires ou veufs sans enfants, de 35 à 45 ans ; 
4° Hommes mariés ou pères de famille de 20 à 35 ans : 
5° Hommes mariés ou pères de famille de 35 à 45 ans. 
Pour comprendre les dispositions de ce décret, il faut savoir que la loi du 10 août avait été imparfaitement appliquée à Paris. 
Cette loi avait d'abord rappelé dans l'armée tous les anciens militaires de 20 à 35 ans, célibataires ou veufs sans enfants. Plus tard, on avait rappelé aussi sous les drapeaux les jeunes gens de la deuxième partie du contingent qui avaient déjà reçu, les années précédentes, un commencement d'instruction 
militaire. 


Les subdivisions

L’état-major dispose d’officiers intercesseurs entre ses services, les dix subdivisions  et le régiment de cavalerie . Ces cadres siègent dans les bureaux de l’état-major et sont regroupés au sein d’un état-major spécifique . Les subdivisions se répartissent en subdivisions intra muros et  extra-muros . Lors de l’extension de la Ville en 1860, le nombre des bataillons resta invariable, mais les bataillons des communes annexées ont été intégrés dans les subdivisions intra muros. Néanmoins, et ceci pour des raisons politiques et sociales, les quartiers populaires ne sont pas organisés en compagnies de gardes nationaux. Au sein de chaque subdivision, le major dirige tout ce qui concerne l’administration et la comptabilité. Le major dirige l’adjudant major de semaine de la subdivision et rend compte de son activité au chef de l’état-major général .

Les bataillons

Les bataillons sont répartis dans chacune des subdivisions, puis dans chacun des secteurs de défense à partir d’août 1870 . 

Chaque secteur est, sous le siège des prussiens, dirigé par un officier supérieur de l’armée de terre ou de la Marine auquel est adjoint un état-major. Les secteurs coupent la ville en tranche égales du centre vers la périphérie et se répartissent comme suit (indication du numéro et de la localisation du secteur, de son chef, de son siège et des bataillons subordonnés) :

1er secteur, Bercy, général Faron, quartier général , 25, rue Michel Bizot, 14e, 48e, 49e, 50e, 51e, 52e, 53e, 56e, 73e, 93e, 94e, 95e, 96e, 99e, 121e, 122e, 126e, 150e, 162e, 182e, 183e, 198e, 199e, 200e, 210e, 212e, 254e.

2e secteur, Belleville, général Caillier, 79, rue Haxo (lieu de l’exécution des otages le 27 mai 1871), 27e, 30e, 31e, 54e, 55e, 57e, 58e, 63e, 65e, 66e, 67e, 68e, 74e, 76e, 80e, 86e, 87e, 88e, 89e, 123e, 130e, 135e, 138e, 140e, 141e, 144e, 145e, 159e, 172e, 173e, 174e, 180e, 190e, 192e, 194e, 195e, 201e, 204e, 205e, 206e, 208e, 209e, 211e, 213e, 214e, 218e, 219e, 232e, 233e, 234e, 236e, 237e, 239e, 240e, 241e.

3e secteur, la Villette, amiral Bosse, marché aux bestiaux, rue d’Allemagne, 9e, 10e, 23e, 24e, 25e, 26e, 28e, 29e, 62e, 107e, 108e, 109e, 110e, 114e, 128e, 137e, 143e, 147e, 153e, 157e, 164e, 167e, 170e, 175e, 179e, 186e, 188e, 191e, 197e, 203e, 224e, 230e, 231e, 238e, 242e, 246e.

4e secteur, Montmartre, amiral Cosnier, 105, avenue de Saint Ouen, 6e, 7e, 11e, 32e, 34e, 36e, 61e, 64e, 77e, 78e, 79e, 116e, 117e, 124e, 125e, 129e, 142e, 152e, 154e, 158e, 166e, 168e, 169e, 189e, 215e, 216e, 220e, 225e, 228e, 229e, 235e, 245e, 247e, 252e,253e, 256e, 258e.

5e secteur, les Ternes, amiral du Quilio, 74, avenue Mac Mahon, 2e, 3e, 8e, 33e, 35e, 37e, 70e, 90e, 91e, 92e, 100e, 111e, 112e, 113e, 132e, 148e, 149e, 155e, 171e, 181e, 196e, 207e, 222e, 223e, 227e, 244e, 257e, 259e, 260e, Rueil, Argenteuil, Versailles, Le Pecq (bataillons de gardes nationaux réfugiés de la banlieue). 

6e secteur, Passy, amiral Fleuriot de Langle, château de la Muette, 1er, 4e, 5e, 12e, 13e, 38e, 39e, 69e, 71e, 72e, 221e, 226e, Sêvres, Saint Cloud.

7e secteur, Vaugirard, amiral de Montagnac, gare de ceinture de Vaugirard, 15e, 17e, 41e, 45e, 47e, 81e, 82e, 105e, 106e, 127e, 131e, 156e, 165e, 178e, 187e.

8e secteur, Montparnasse, amiral Méquet, 93, avenue d’Orléans, 16e, 18e, 19e, 20e, 40e, 43e, 46e ,83e, 84e, 85e, 103e, 104e, 115e, 136e, 146e, 193e, 202e, 217e, 243e, 249e.

9e secteur, les Gobelins, amiral de Challié, 75, avenue d’Italie, 21e, 22e, 42e, 44e, 59e, 60e, 97e, 98e, 101e, 102e, 118e, 119e, 120e, 133e, 134e, 151e, 160e, 161e, 163e, 176e, 177e, 184e, 185e, 248e, 251e.


Garde Nationaux de garde sur les remparts.

Chaque bataillon correspond à un quartier ou à un îlot d’habitation précis appartenant théoriquement  à un même arrondissement. Les bataillons se composent d’un état-major, d’un conseil d’administration , d’un conseil de famille  et d’un nombre variable de compagnies. Les compagnies sont composées de 100 à 250 gardes, sauf les compagnies de guerre dont l’effectif est strictement limité à 125 baïonnettes. Il existe différentes catégories de bataillons : des bataillons spécialisés (génie, génie auxiliaire), des bataillons de marche ou de guerre  (qui résultent de l’application de l’arrêté de l’état-major général de la Garde nationale de la Seine du 19 octobre 1870 portant la création des compagnies de volontaires) et des compagnies de vétérans pour les gardes ayant atteint la limite d’âge pour l’incorporation. 



Le Personnel auxiliaire du génie. ▬ Les travaux à exécuter dans Paris étaient si considérables et le personnel du génie, officiers et troupes, si restreint qu'il fallut songer, comme pour l'artillerie, à se 
procurer un personnel auxiliaire. On décida d'abord d'utiliser les ressources que pouvaient présenter les grands services de l'État ou de la Ville. Bientôt, l'initiative privée offrit d'autres éléments et 
successivement se formèrent les corps ci-après. 

Le Corps auxiliaire du génie militaire. ▬ Le 9 août, jour de la proclamation de l'état de siège, le préfet de 
la Seine, sur demande du Ministre de la Guerre, chargeait les ingénieurs du service municipal de l'exécution des plans étudiés par les officiers du génie militaire pour fermer les fortifications de Paris. 
Le service était immédiatement organisé et réparti entre trois ingénieurs en chef et onze ingénieurs ordinaires, chargés chacun d'un arrondissement avec le nombre nécessaire de conducteurs, piqueurs et chefs cantonniers. Ce personnel s'accrut dans la suite  par l'arrivée d'ingénieurs des Ponts et Chaussées et des Mines du département de la Seine et des départements voisins. Le préfet confia la haute direction de ce service à un inspecteur général des Ponts et Chaussées, M. ALPHAND.


Le 24 août, un décret instituait officiellement ce service sous le nom de « Corps auxiliaire du génie » 
comprenant: 

1° Un état-major ; 
2° Une section d'ouvriers de corps d'état, divisée en six compagnies fortes de 100 à 150 hommes ; 
3° Une section de sapeurs du génie, divisée également en six compagnies fortes de 150 à 250 hommes. 
Ce corps était aux ordres du général du génie de CHABAUD La TOUR. Les ouvriers qui en faisaient partie recevaient, en temps d'activité, une solde réglée d'après la série des prix de la Ville de Paris. M.ALPHAND fur nommé commandant en premier, M. VIOLLET-LEDUC commandant en second. 
En septembre, le corps comprenait douze compagnies, dont six d'ouvriers d'état : maçons, charpentiers, serruriers, forgerons, plombiers, etc., et six de sapeurs terrassiers. Neuf de ces compagnies étaient affectées aux secteurs de l'enceinte et trois restaient en réserve à l'Hôtel de Ville. L'effectif de chacune d'entre elles étaient à cette époque d'environ 250 hommes. 
Dès le 4 septembre, six de ces unités étaient employées sur les chantiers. Elles comprenaient un nombre relativement important de gradés. Plusieurs étaient commandées par des architectes très habiles qui sacrifièrent quelquefois la solidité à l'élégance, que, cependant, les travaux entrepris ne comportaient pas. 
Ce corps, malgré les services incontestables qu'il rendit, ne laissa pas que de causer quelques mécomptes qui occasionnèrent d'assez nombreux froissements entre ses collaborateurs et les officiers 
du génie militaire. 

On retrouve dans le Tableau de l'Effectif des Compagnies de Guerre de la 1re Compagnie de marche du 1er Bataillon de la Légion du Génie auxiliaire de la Garde Nationale de la Seine, daté de 15 et 16 novembre 1870, cote D2R4/49 des Archives de Paris, Eugène Viollet-le-Duc, domicilié au 15 de la rue de Laval, qui apparaît comme un simple soldat (sapeur n.º 86)...
Toutefois, nous savons que l'architecte Viollet-le-Duc fut commandant en second, avec le titre de lieutenant-colonel du Corps auxiliaire du Génie dès 24 août 1870 et lieutenant-colonel de la Légion du Génie auxiliaire de la Garde Nationale de la Seine, divisée en deux bataillons, dès 7 novembre 1870...
Ainsi, il ne pouvait pas être un soldat (sapeur) en novembre 1870!?!
Il y a un autre architecte Eugène Viollet-le-Duc, son fils (né vers 1835) ... Cependant, Viollet-le-Duc fils fut lieutenant en premier de la 4ème Compagnie du Corps auxiliaire du Génie dès 24 août 1870, nommé officier d'ordonnance en décembre.
L'architecte Viollet-le-Duc père a commandé un bataillon de 7 Compagnies de la Légion du Génie auxiliaire (4 compagnies de marche du 1er Bataillon + 3 compagnies de marche du 2ème Bataillon), attachée à la 2ème armée de Paris du général Tripier, commandant du génie, pendant la bataille de Champigny (de 28 novembre à 4 décembre)...
Le bataillon spécial de Viollet-le-Duc a campé en arrière de la redoute de la Faisanderie (le 29 novembre), où nous pouvons trouver Anatole France et Calmettes, dans la 1er Compagnie du 20e Bataillon de la 7ème Légion du Génie de la Garde Nationale mobilisée...
Selon les indications de Viollet-le-Duc, dans son rapport, les cadres de la Légion du Génie de la Garde Nationale de la Seine étaient formés d'ingénieurs civils des Arts et Manufactures, architectes, entrepreneurs et ingénieurs des Ponts et Chaussées...
Le 1er bataillon était commandé par le chef de bataillon l'entrepreneur Delatour et le 2ème bataillon par le chef de bataillon l'ingénieur des Ponts et Chaussées Rozat de Mandres...

C'est dans cette unité que nous retrouvons aussi Paul Decœur ancien élève à l’École Polytechnique (examen à Paris, grade sergent en 1859) et  promu élève à l’École des ponts et chaussées le 1er novembre 1861. Pendant le siège de Paris il a pris part à la défense de la capitale comme capitaine au 2e Bataillon de la Légion du Génie auxiliaire de la Garde Nationale de la Seine. Pas indifférent à la politique de son temps, il n'a pas fui Paris lors de  de la Commune, puisqu'il y est resté en son domicile. Nous ne pouvons pas affirmer s'il a simplement sympathisé avec le mouvement communaliste mais il est certain qu'après ces événements il est rester sans travailler pendant presque un an. 

Les maçons de la Creuse, très nombreux à Paris à l'époque se sont engagés en masse au sein de la Garde Nationale. On en retrouve certains dans le génie auxiliaire, où leur savoir faire aide aux fortifications des remparts et des barricades. Certains le quitteront à la fin du siège et au début de la Commune, pour rejoindre les formations plus classiques de la garde nationale.

L'uniforme consistait en un vêtement noir ou bleu avec deux haches de sapeur en croix, en drap rouge, sur la manche gauche, un képi en drap bleu avec deux haches en sautoir sur le bandeau. Les insignes 
des grades étaient placés sur le bas des manches, en tresse dorée pour les officiers et les sous-officiers, en laine rouge pour les caporaux. Les hommes étaient armés de la carabine Minié.

Génie auxiliaire de la Garde Nationale. Officier.

La cavalerie est regroupée en escadrons et l’artillerie en batteries et batteries auxiliaires. Pierre-Henri Zaidman a relevé dans le XIVe arrondissement l’existence de compagnies de dépôt, celles-ci correspondent, selon la terminologie militaire, aux compagnies à l’instruction – et par conséquent non opérationnelle – mais ayant une existence légale. Celles-ci devaient dans la pratique guère se distinguer des compagnies sédentaires.

Tableau des bataillons par arrondissements en 1870-71 à Paris, cliquez pour agrandir.


Il existe aussi une garde civique pour les citoyens non inscrits dans la Garde nationale, qui sont souvent des banlieusards, et parfois des réfractaires. La garde civique est chargée du service des incendies, de la surveillance des points de distribution alimentaire et des rondes. Elle est structurée par îlot d’habitation. 

Les classes sociales sont un outil de compréhension des événements parisiens de 1870-1871. Au-delà des classes se pose aussi le problème d’une conception du peuple, et plus particulièrement du peuple de Paris, mais ceci dépasse le cadre de notre analyse historiographique et archivistique. Néanmoins, une typologie de bataillons est envisageable :

- Le bataillon « bourgeois » : essentiellement les bataillons anciens hérités du Second Empire et les nouveaux bataillons levés dans les quartiers aisés. L’examen de ces unités, notamment ceux du XVIe et du Ve arrondissements, fait apparaître l’existence d’un recrutement de personnes plus modestes. Le 38e bataillon du XVIe arrondissement regroupe notamment des ouvriers maçons, probablement venus de province et travaillant aux travaux d’aménagement parisiens. L’exemple de ce bataillon est des plus significatifs, puisque les ouvriers  sont essentiellement regroupés dans les compagnies de guerre, en raison de la solde, et les gardes « bourgeois » dans les compagnies sédentaires, les moins exposées au feu des Prussiens.

- Le bataillon mixte : il correspond à un bataillon recruté dans un quartier où cohabitent des îlots de population riche et modeste. Par exemple, un quartier où les grands boulevards ont été haussmanisés et où résident une population à forts revenus dans des immeubles en pierre et où les artères perpendiculaires regroupent une population modeste dans des immeubles en brique. L’historien Robert TOMBS a examiné les gardes nationaux du quartier de Bonne-Nouvelle, mais cette étude peut par exemple être élargie au quartier des Batignolles ou bien encore au chevauchement du quartier Mouffetard et de la rue Monge. 

- Le bataillon populaire : c'est-à-dire le bataillon recruté dans les quartiers pauvres et populaires, principalement dans les arrondissements périphériques.

- Le bataillon « corporatiste » : c’est-à-dire l’unité défendant des intérêts particuliers (compagnies de l’octroi, des chemins de fer, de la Banque de France, etc.).

→ Les unités politiques : Les unités à forte coloration politique sont identifiées dans les livres d’histoire, les témoignages et les archives et cette grille de lecture peut être superposée à l’analyse sociologique. Elle permettrait de dégager des profils de gardes nationaux au sein de chacun des bataillons :

·Le garde attentiste, neutraliste ou touche-la-solde, c’est-à-dire le Parisien qui suit les événements et ne s’est engagé que pour assurer sa subsistance et celle de sa famille.
·Le garde républicain modéré.
·Le garde rallié au gouvernement de Versailles, resté ou non à Paris.
·Le garde national fédéré, rallié ou ayant des sympathies pour le Comité central et la Commune.
·Le garde des sous-comités d’arrondissement, ou Communard, en lutte pour la défense de sa classe sociale.

Ici, le 256ème bataillon de la garde nationale de la Seine, à Paris ou en banlieue. Les officiers et les sous-officier au premier plan. Plusieurs portent épinglés à leur capote du modèle de la ligne, des décorations de campagnes militaires du second empire.
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L'UNIFORME


Habillement. ▬ D'après la loi de 1851, remise en vigueur par la loi du 12 août 1870, les gardes nationaux devaient s'habiller à leurs frais, mais le Gouvernement reconnut vite que cette mesure était inapplicable, beaucoup de nouveaux incorporés étant sans ressources. 
La Mairie de Paris fut chargée de pourvoir à l'habillement de la garde nationale. Étienne ARAGO, maire de Paris, secondé par Charles FLOQUET, son adjoint, organisa ce service. D'après la circulaire du 6 septembre portant création des bataillons nouveaux, l'uniformité de la tenue n'était plus obligatoire ; le type désigné communément sous le nom de vareuse était simplement recommandé. 
Des effets nombreux et variés furent, en réalité, distribués, comprenant couvertures, vareuses, pantalons, souliers, ceinturons, képis, cartouchières, porte-baïonnette, ceintures de flanelle, cravates de laine. En sept semaines, malgré l'inexactitude des fournisseurs et des fabricants, malgré la mauvaise qualité de certains produits, malgré les indignes procédés de la spéculation, malgré surtout l'hésitation du commerce à livrer les marchandises, la Mairie centrale fit des distributions complètes à 
250.000 hommes. 

La gestion de l'habillement dépend en général des mairies d'arrondissement. Pendant la Commune les marchés sont réexaminés par les délégués de la Commune à l’habillement militaire, Lazare, Levy et Evette. Les fournisseurs en viennent à baisser leurs prix (de 6f à 3,75f pour une vareuse, de3,50f à 2,50f pour un pantalon).

Le képi: Absent du texte de 1852 était inconnu dans la Garde Nationale avant 1870. Ce képi est une version allégée et simplifiée du schako modèle 1867 de la Ligne, tout comme le képi des mobiles, sauf que sur celui-ci, la cocarde est absente et doit posséder les attributs spécifiques de la GN.

A savoir: Bandeau, turban et calot sont en drap noir. Cordonnet écarlate y compris celui masquant la couture entre la visière et le bandeau. La visière rectangulaire possède en général le jonc cousu à la manière des officiers de l'armée. Un petit pompon ovoïde en drap noir avec cordonnet écarlate, maintenu dans un gousset pratiqué à l'intérieur du képi avec ouverture sur le devant du calot.

Les chiffres de métal jaune indiquent le numéro du bataillon sur le bandeau, celui de la compagnie sur le pompon. Ce dernier fait défait sur de nombreux képis à l'instar du képi simplifié des mobiles. Au sein des compagnies de Marche, les volontaires se distinguent par le port d'une insigne, cor de chasse ou grenade de cuivre placé sur le bandeau au dessus du numéro. Parfois ( comme au 85eme bataillon ) c'est la lettre "M" qui est placée à la suite du numéro. Le képi des officiers est en drap noir avec galons et fausse jugulaire en argent, numéro du bataillon en chiffre dorée.
Une curiosité visible au musée de l'armée, un képi à bandeau écarlate et chiffres romain "IX" cousu en fil blanc. On a pu dire qu'il s'agissait de Gardes Nationaux "vétérans" du IXeme arrondissement, tout en sachant que seul le 225eme bataillon du XVIIIeme arrondissement portait ce titre de "vétérans". La solution est pour moi dans ce dessin Jules Renard dit Draner qui illustre un Garde National auxiliaire. Ceux-ci étant vraiment le fond du fond des effectifs et s'occupant par exemple de régler la file d'attente aux boulangeries. Notre petit père porte en plus un brassard avec le même chiffre romain.

Garde Nationale Auxiliaire.


Garde National du 194ème bataillon comme indiqué sur le képi. Il a la chance d'être armé du fusil chassepot, ce qui suppose probablement qu'il fait partie d'une compagnie de guerre. Cependant ces compagnies portaient en général un "M" pour compagnie de marche ou une grenade au-dessus de leur numéro de bataillon, ce que ce sous-officier n'a pas. De plus il n'a pas de guêtres et porte une sorte de glaive à son ceinturon  (en plus de la baïonnette au bout du fusil) ce qui peut vouloir dire que le chassepot comme le sac, sont des accessoires de studio.

Garde National d'un bataillon parisien indéterminé.

Garde national sédentaire à coup sûr. La photo a été prise dans un studio de la rue Chapon dans le IIIème arrondissement. Quartier fort populaire à l'époque. Sa tenue tient plus du paletot militarisé que de la vraie vareuse comme le col en témoigne.

Fringuant sous-officier d'un bataillon dit "bourgeois".

Garde national parisien d'un bataillon "à trois chiffres". Fusil tabatière. Notre homme porte une capote  qui ne semble pas d'un modèle de l'armée, elle a le col ouvert. En outre notre homme a touché de superbes guêtres blanches.


Garde national parisien portant des hautes guêtres de chasse acheté dans un magasin civil.

Garde National bien équipé puisqu'en plus d'une capote, d'un képi avec numéro et pompon, et de bottes personnelles, il a touché un fusil chassepot. Sûrement un homme des compagnies de marche ou de guerre.



Garde national avec un fusil à piston. Son pantalon de bonne coupe droite est d'origine civil, comme son paletot militarisé et fort bien ajusté à sa silhouette.


Tambour diablement bien équipé: capote, képi réglementaire avec numéros de bataillon et même pompon avec numéro de compagnie.

Garde National d'un bataillon de la partie populaire du VI e arrondissement ( rue de Bucy)

Garde Nationale équipé d'un fusil à tabatière et d'une capote pardessus sa tunique.

Garde national du 171 ou 191ème bataillon. Outre des guêtres noircis et un fusil à tabatière, il porte une lourde capote (peut-être du même ton que la ligne). A noter que cette dernière semble comporter deux poches en plus d'un large col et de curieuses pattes d'épaules.

Garde nationale du IV eme arrondissement, mais dont le numéro n'est pas visible. Un sous officier semble-t-il. Les bottes étaient surtout répandues chez qui pouvaient s'en acheter. Les autres portaient les célèbres godillots.

Un garde en vareuse. Deux numéros non identifiables sur le képi. En plus des bottes à l'écuyère, et de son fusil à piston modifiée "tabatière", notre homme pose avec un petit revolver à broche de calibre 7mm... d'une redoutable inefficacité.

Un officier de la garde nationale de la Seine. Chef de bataillon? En tout cas le col de son uniforme est typique du règlement adopté pendant le second empire (brandebourg). Si on le retrouve chez beaucoup d'officiers, même pendant la Commune, il est moins présent au sein de la troupe voir inexistant dans les "nouveaux" bataillons alors qu'on peut le rencontrer au sein d'unités existant avant le siège.
Photo daté au dos pour le 31 mars 1871, de deux fédérés du 54ème et 88ème bataillons de la garde nationale (IIIème arr, autrefois populaire). Les deux compères dont les noms sont illisibles sont quasiment équipés à l'identique. Capote du modèle de la ligne mais de couleur bleu sombre ou noir, pantalon noir à bande écarlate. Numéros de bataillon sur le bandeau du képi (qui est comme il se doit noir avec cordonnet écarlate) et numéro de compagnie sur un pompon ovoïde surmontant le turban et indiquant la compagnie.




Garde national du 32° bataillon(?) compagnie de marche, équipé d'un fusil anglais Snider avec sa baïonnette yatagan.

Garde national d'un bataillon à trois chiffres (112?132?172?) devant un faisceau d'excellents fusils remington. Une photo probablement prise en octobre 1870 ou très peu après car "D'après le colonel CHAPER également, on aurait distribué en octobre, 4 fusils Remington par bataillon." (Il y a 4 remington sur la photo) Détail étrange, le petit cor de chasse sur la manche de sa capote. le cor de chasse désignait "prix de Tir". « L’Instruction sur le tir du 1er novembre 1867 » fixe à 12 le nombre d'épinglettes par Corps, dont une attribuée au 1er Prix à grenade et chaîne d'or. Cette instruction distingue aussi les "tireurs de 1ère classe" qui sont autorisés à porter un an un Cor de chasse brodé sur la manche gauche (brodé or pour les sous-officiers et en drap jonquille pour les caporaux et soldats). Notre homme a donc déniché une capote de la ligne ayant appartenu à un tireur particulièrement talentueux.





Sous-officier d'un bataillon de la garde nationale de la Seine. Bottes d'achats personnel, ainsi que le bidon. Notre homme, vu son grade, s'est en outre permis de se faire confectionner un képi avec un bandeau écarlate avec fausse jugulaire argentée, pratique totalement proscrite dans l'armée régulière.

Garde national du début du siège. Il porte l'ancienne tenue du second empire, cette tunique avec son cil caractéristique, mais sans les épaulettes. Il a troqué le lourd shako où figure l'aigle impériale pour le képi, mais on ne sait pas s'il en a fait de même avec sa boucle de ceinturon ancien modèle où figure l'aigle impériale... et qu'il cache sur la photo.


Ce garde national du 5° bataillon n'a pas attendu d'avoir toucher sa tenue complète pour se faire tirer le portrait. Le képi était souvent le premier effet reçu, mais le fusil se faisait souvent attendre longtemps... Ici notre homme a eu de la chance, il a bien eu une arme (un fusil à piston ou un tabatière) mais elle n'a pas de sangle!

Cantinière de la garde nationale.

Un officier de la garde nationale de la Seine... dans toute sa splendeur.

Dessin naïf, mais assez représentatif. La couleur n'est pas bleu comme les mobiles mais bien noir ou bleu très foncé. Les bottes sont souvent portées par les GN aisés à la place des godillots mais en général par chez les hommes les plus aisés. Notre homme est armé d'un tabatière ou d'un fusil 1822 t-bis. Le paletot à double boutonnage était bien portée mais le parement écarlate est à mettre sur le compte de l'imagination de l'artiste... bien que l'ont puisse l'observer sur une photo d'époque (Pindy colonel sous la Commune)

Eclaireur de la Garde Nationale. Comme la plupart des autres gardes et notamment ceux des quartiers populaires, il porte une blouse d'ouvrier militarisée par l’adjonction de pattes d'épaules.

Dessin du seul combat où les gardes nationaux parisiens furent engagés pendant le 1er siège. Les pantalons et les képis devraient être noirs ou alors d'un bleu bien plus sombre. Cependant la couleur verte de la capote n'a rien de surprenant. On la rencontre à plusieurs reprises dans les témoignages et dans d'autres illustrations. Les hommes de la GN de la Seine qui eurent la chance de toucher des capotes (cnies de marche ou de guerre principalement) en ont "vu de toutes les couleurs". Il leur fut aussi bien livré des capotes de l'infanterie de ligne que des capotes vertes, grises ainsi que marrons, les fameuses capotes "chocolat" ou "couleur de bures".  C'est lors de ce combat que périt Rochebrune, ancien "zouave de la mort" dans la lutte pour l'indépendance polonaise, ardent patriote et républicain, il était proche des révolutionnaires et des parisiens qui demandaient une défense "à outrance" cotre les prussiens. A ses obsèques, ses homme jurèrent de venger sa mort puis se rendirent devant l'Hôtel de Ville pour protester contre les rumeurs d'armistice. Journée du 22 janvier 1871 qui vit les mobiles bretons, hermine blanche sur le képi, faire feu sur la populace et les gardes nationaux "rouges".

Ici la couleur de l'uniforme est correcte, noir, bande écarlate sur le pantalon. Capote de lignard  mais avec un curieux parement également écarlate sans doute dû à une fantaisie de l'artiste bien qu'on en retrouve sur une photo de Pindy (patelot)

Le Garde National du siège de Paris dans toute sa splendeur. A part lors de la sortie de Champigny où certains bataillons étaient en réserve et à Buzenval où plusieurs compagnies de guerre réunis en régiments allèrent bravement au feu, les bataillons de la GN, hors exercice, étaient cantonnés à un rôle de sentinelle aux remparts, sur les bastions et parfois aux avant-postes.

Garde national dans l'ancienne tenue porté sous l'empire. Comme la république a été proclamée, le bonhomme a ôté l'aigle impérial sur son shako et a changé de boucle de ceinturon.


Un "à outrance", garde nationale sédentaire des quartiers populaires qui porte comme c'était bien souvent le cas, une blouse d'ouvrier militarisée et qui n'hésite pas à exhiber ses opinions politiques par le port d'un foulard rouge et d'un bonnet phrygien à la hampe de son fanion de bataillon.





Au début su siège, nombre de gardes nationaux militarisaient leurs propres effets civils (blouses, redingotes, paletot) en y faisant ajouter passementeries, passepoils ou pattes d'épaules ainsi que la bande rouge sur le pantalon. L'exemple le plus étonnant est un GN qui avait fait coudre une bande écarlate sur un pantalon en tartan écossais.





Reconstitution d'excellente qualité d'un garde national mobilisé parisien par la Compagnie la Courbières. La vareuse à deux rangées de boutons est bien noir, autant que le képi. Passepoil écarlate sur les manches, les pattes d'épaules et le képi avec le numéro du bataillon. Il est armé d'n fusil chassepot et son caractéristique sabre-baïonnette. Surtout équipé de fusils à tabatières ou de fusils à piston pendant le premier siège, les gardes nationaux fédérés pendant la Commune s'emparèrent de nombreux stocks de "chass'pots", laissés par l'armée régulière et le gouvernement.


Képi du 256 e bataillon de la garde nationale de la Seine, vsile au musée de l'armée. La grenade indique une compagnie de marche ou de guerre.
Divers képis visibles dans les vitrines du Musée de l'armée. Le premier à gauche est présenté comme un képi de "communard", sans doute ramassé à l'issu de la Semaine Sanglante. Il est soit un képi simplifié de la garde mobile, soit un képi de garde nationale dont le bandeau a été confectionné en tissu écarlate comme c'est parfois le cas, même si cela n'a rien de réglementaire. Au centre un képi d’auxiliaire du IX ième arrondissement et à droite, képi de GN.





Un képi de lieutenant de la garde nationale.

Képi de capitaine de la garde nationale.

Possible képi de capitaine du 117ème bataillon de la garde nationale. Le numéro sur le pompon indiquerait donc la compagnie.





Képi de capitaine de la garde nationale.

Képi du modèle attribué aux gardes nationaux mais les numéros ni le pompon.


Képi du 278 e Bataillon.

Capote grise comme en portaient les "petits gris", surnom des Tirailleurs de Belleville, en fait l'ensemble des bataillons de ce quartier qui avaient été mis sous le commandement direct de Flourens. Il est néanmoins possible que d'autres bataillons furent approvisionnés en capotes de ce type.


Capote de garde national

A gauche capote de la ligne 1867, à droite la même capote version de 1870 dont certains exemplaires furent livrées à la Garde Nationale mobilisée de Paris. Ici il s'agit de la couleur propre à l'infanterie de ligne dont certains gardes furent pourvus, mais les capotes pouvaient être plus foncé, vertes, marrons ou grises comme dans les bataillons de Belleville surnommés à ce titre "Les petits gris".

Bouton "Gde Nle MOBILISÉE"

Boutons "GARDE NATIONALE SÉDENTAIRE."






Cavalier de la Garde Nationale de la Seine avant la guerre avec la chapka  type lancier, très vite remplacé par un képi pour ces hommes qui ne servirent que d'estafettes dans le meilleur des cas.


Uniforme de cavalier de la garde nationale. Le tissu est noir et non bleu foncé comme on le remarque trop souvent sur les illustrations d'époque.








Un "gandin" servant comme estafette au sein de la cavalerie de la Garde Nationale.

Officier d'état-major de la Garde Nationale.




Un officier de la Garde Nationale pendant le 1er siège. Le képi est conforme au règlement:  entièrement noir ( le bandeau rouge étant normalement réservé à l'état-major) et les galons argent et non dorées comme c'est le cas dans la garde mobile.

LA GARDE NATIONALE SOUS LA COMMUNE.

Étendard marqué "compagnies de guerre" du 143°bataillon (Xème arr très populaire et très communard) de la garde nationale fédérée pendant la Commune.

Étendard du 145° bataillon (IIIème arr, quartier très populaire et de tradition insurrectionnelle depuis 1848) de la garde nationale fédérée sous la Commune.

Drapeau rouge du 117° bataillon de la garde nationale sous la Commune.

Après le 18 mars, beaucoup de joie, beaucoup de pose... Outre les gardes nationaux qui font mine de tirer, on peut remarquer celui qui brandit un pavé, à sa gauche un ouvrier piochant, un gamin affublé d'un képi d'officier et surtout une superbe cantinière. Un seul garde semble porter des guêtres. Les archives prouvent néanmoins que mêmes les bataillons les plus pouilleux en ont touché, du moins une certaine quantité. Mais la journée n'est pas à la lutte mais à la fête...

En examinant ce cliché de près on peut sourire à la mine boudeuse du clairon juché sur la guérite, à celle plus provocatrice de ce lascar brandissant son bidon (qu'il voudrait plein?). Deux tambours dont l'un en blouse, entourent une cantinière. Un officier dégaine son sabre. Cette photo est à l'image de la Garde Nationale Fédérée, des hommes très jeunes ou déjà dans la force de l'âge. Au centre, le petit barbu en chapeau rond est Eugène Pottier, élu du IIe arrondissement et qui écrira plus tard les paroles de l'Internationale.

Appel d'une compagnie de la Garde Nationale pendant la lutte contre Versailles. Officiers "dorés sous toutes les coutures", écharpe rouge à la ceinture. Tableau assez réaliste de ce pouvait représenter l'appel d'une compagnie allant aux remparts ou à Neuilly contre les Versaillais. Soldats improvisés voulant toucher la solde de 30 sous par jour, espérant venger un frère ou père tué dans les combats précédents, ancien de 1848 déterminé à se battre jusqu'au bout ou simple garde qui sous l'excuse d'aller boire la goutte, s'éclipsera le temps que son bataillon arrive sur le terrain des combats.

Quelques figures:

Flourens, dans son uniforme flambant neuf de "major des remparts" avec sous son manteau un uniforme du modèle de l'empire (collet à brandebourg). L'idole de Belleville n'en a pas moins fait coudre 5 galons au lieu de 4! Assassiné à Rueil par le gendarme Desmarets.

Napoléon Gaillard, en uniforme de chef de bataillon avec les revers écarlates et col en velours très prisés pendant la Commune et un revolver à broche glissé dans sa ceinture.

Brunel, ancien chasseur d'Afrique, commandant brave et efficace avec une tunique du modèle de l'empire avec collet à brandebourg.

Jules Montels, ancien zouave. Un moment colonel de la XIIeme Légion, il deviendra en Russie précepteur des enfants de Léon Tolstoï et un fervent anarchiste. Il pose ici de façon altière en uniforme de capitaine.

Sérizier, commandant le fameux 101°bataillon de la partie sud de la rue Mouffetard ( XIIIeme arrondissement). Il paiera de sa vie l’exécution des dominicains d'Arceuil, certes abattus par des hommes de son unité mais sûrement pas sur son ordre. Ici en uniforme de capitaine.

Herpin-Lacroix qui a combattu dans les corps francs avant de rejoindre Paris le 18 mats et qui, en vain et au péril de sa vie, a tenté de s'opposer à l’exécution des généraux Lecomte et Clément-Thomas. Noble combattant sur les barricades, il sera capturé et fusillé pour le meurtre de ces deux généraux qu'il avait défendu contre la foule. Il est ici en uniforme de chef de bataillon avec une cravate civile sur col ouvert. S'il porte deux écharpes de laine, l'une en ceinture qui retient un revolver à broche, l'autre en bandoulière, il en porte une troisième qui soutient son bras blessé et une quatrième pardessus tout, sans doute à signification maçonnique.

Johannard, une autre photo de lui existe avec un képi. Même pose. Ce membre de l'Internationale sera élu du IIème arrondissement, siégera à la Commission des relations extérieurs et  à celle de la guerre. Il sera aussi délégué civil auprès du général La Cécilia avant de prendre part aux rudes combats de la place du  château d'eau pendant la semaine sanglante.

Johannard.

Emmanuel Chauvière, blanquiste Sergent-major des francs-tireurs de l’Ile-de-France pendant le siège de Paris, il fut, après l’armistice, garde national au 82è bataillon. Secrétaire du général de la Commune Duval, qui fut pris les armes à la main, le 4 avril 1871, au plateau de Châtillon, il fut condamné à cinq ans de prison et cinq ans de surveillance, mais réussit à gagner la Belgique.

Le même Chauvière en uniforme de capitaine de la garde nationale. Collet à brandebourg du modèle de l'empire. L'insigne sur le képi est  pour  le moins étrange. Elle ressemble à une étoile (?)

Napoléon La Cécilia, fils d'un avocat d'origine espagnole et d'une mère corse. Ancien volontaire Garibaldien. Pendant la guerre contre la Prusse, il prend part à la défense de Chateaudun, à la bataille de Coulmiers et d'Alençon avant de finir colonel du corps francs Lipowski. Pendant la Commune il sera général commandant les troupes entre la rive gauche de la Seine et la Bièvre.

Razoua, ancien chasseur d’Afrique absinthique. Commandant de l'Ecole Militaire pendant la Commune. Quels sont les galons sur son col? mystère...

Pindy, très galonné (colonel), avec l'insigne de membre du comité centrale de la Garde nationale. Galons et grenade en argent mais le bandeau du képi est écarlate (comme le collet à brandebourg) et non noir comme c'est souvent le cas au sein des officiers d'état-major.

Assy ou Assi, avec l'uniforme typique du second empire et portant le triangle des membres de la Commune et l'insigne de membre du comité centrale de la Garde nationale. Collet et bandeau du képi écarlate.

Brunereau, officier commandant le 117eme bataillon pendant le siège et la Commune. Paletot militarisé avec collet à brandebourg.

Simon Mayer, au centre,e avec l'un de ses fils tout à gaucheCapitaine au 169° bataillon de la Garde nationale. Nommé colonel chargé de l’organisation des légions le 27 avril, major commandant la place Vendôme le 1° mai, puis sous-directeur des mouvements au ministère de la Guerre le 4 mai. Sa défense devant les Versaillais manqua de dignité. A publié en 1880 : Souvenirs d’un déporté. Etapes d’un forçat politique. Certains pensent qu'e le jeune homme en civil derrière pourrait être Maxime Vuillaume ou encore Lissagaray sans en apporter le moindre preuve. J'en doute fort mais alors très fort...


Le même Simon Mayer, toujours sur la place Vendôme avec des artilleurs de la garde nationale en arrière plan. Si son uniforme n'est que parfaitement réglementaire et que l'allure d'officier de la garde nationale peut paraître sobre par rapport aux tenues chamarrées du second empire, elle ne manque pas de chic. Meyer n'était pas une exception. La grande majorité des officiers de la Commune qui n'étaient pas d'anciens militaires, affectionnaient de porter d'arborer leur tenue à la moindre occasion, et pas toujours au combat pour un certains nombre d'entre eux. Pendant le régime précédent, les officiers jouissaient d'un prestige considérable, c'était un des premiers corps de l'Etat. A l'inverse, des officiers de carrière "pure jus" qui servirent la Commune, tel que Rossel ou Cluseret, firent leur service en civil. Ce fut exclusif chez Cluseret et un peu moins chez Rossel qui porta un uniforme en de rares occasions. Chose qui paradoxalement était mal interprétée par les fédérés eux-mêmes qui les soupçonnaient de se défiler...


MANUEL, RÈGLEMENT ET CODE 
DE LA GARDE NATIONALE.




Le "Nouveau manuel du Garde National contenant l'école du soldat, l'école du peloton, la manoeuvre des fusils chassepot, à tabatière et à percussion et les décrets concernant la Garde Nationale". Livret édité par Létang, libraire-éditeur rue de la Mairie (sans indication de la ville) et imprimé à Poitiers,  par typ. Oudin en 1870.

Nouveau manuel de la Garde Nationale sédentaire, contenant les lois des 10 août 1870, 15 mars, 20 mai et 12 juin 1850, l'école du soldat, l'école de peloton, la manœuvre du fusil Chassepot, du fusil dit à tabatière,du fusil à percussion.‎ (1870) : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k370547v




Règlement sur les manœuvres de l'infanterie, livret pour officier et Nouvelle théorie pour l'infanterie ayant appartenu à un capitaine de la garde nationale mobile du Loir et Cher mais en tous points identiques à ceux d'un officier parisien.







DOCUMENTS ET AFFICHES.



Le 32eme bataillon, celui dont faisait partie Sutter-Laumann, l'auteur de "Mémoire d'un trente sous". Un des meilleurs récits sur le siège et la Commune vu par un jeune lascar de base qui raconte ses péripéties ai sein du 32 eme bataillon, la rigueur du siège et de la famine, les engagements aux avant-postes (récit d'un combat au corps à corps dans une maison abandonnée, de la mise en réserve de la GN à Champigny et du dédain que leur témoignait les généraux de l'armée régulière) et enfin la Commune auquel il se rallie, fait le coup de feu lors de la sortie d'avril, sur les barricades avant de manquer de se faire fusiller par les "volontaires de la seine", sorte de barbouzes Versaillais qu'il avait prit pour des fédérés. En effet ces derniers composés d'anciens francs-tireurs, d'ancien officiers de la garde mobiles et dont une des deux compagnies était entièrement composé d'officiers, avait un uniforme tr_s proche des insurgés. Chose qui a entraîné des méprises et plusieurs risques d’exécutions sommaires par les lignards ou les chasseurs à pieds de Versailles.





A la 15° légion on ne plaisantait pas avec le port du numéro sur le képi. Il en est de même dans le IIeme arrondissement: "Ordre formel aux gardes nationaux de la 2eme légion d'avoir le numéro de leur bataillon ainsi que celui de leur compagnie sur leur képi" (18 mai1871)


Carte d'identité de garde national (en haut) et carte de présence à poinçonner (en bas).


Carte d'identité et de sûreté d'un simple garde national du 129° bataillon (XVIII eme arr) Célestin-Gustave Le Costoëc, natif de Quimper et habitant au 27 de la rue Veron à Paris. La carte porte les cachets de l'Etat, la république, de la garde nationale et de la mairie d'arrondissement.

Carte d'identité destiné à être cousue ou fixé à l'intérieur d'une capote ou d'une vareuse de garde national...comme le prouve cette ordonnance du 19 mai 1871: "les chefs de légion devront donner ordre à leurs chefs de bataillon d'avoir à faire fixer solidement à l'intérieur de la capote ou vareuse une carte d'identité".

Simple carte nominative.

Carte pliante muni de trou pour faire passer la ficelle et qui permettait de la porter autour du cou.

A gauche un modèle qui en plus d'être muni de trous et d'une ficelle pour être passé autour du cou, est plus ou moins protégée contre les intempéries. A droite, un modèle où figure le portrait du possesseur de la carte (découpée dans une cdv)


Carte d'identité et de sûreté qui n' a apparemment pas servi mais qui montre bien la place prise par la photographie dans l'identification des gardes nationaux.
Carte de présence.

Carte de présence.

Source: Hors-série UNIF EUROP 19 sur la Commune, documents personnels, pas mal de bouquins sur la Commune ou le siège de Paris ainsi que "La Guerre de 1870 -71 – L' Investissement de Paris 
Librairie militaire R. Chapelot et Cie – 1908" et  "L’exemple de la Garde nationale du département de la Seine de la fin du Second Empire au 18 mars 1871 au travers des archives de la sous série DR4 des Archives de Paris" par Rémy VALAT.

Les gravures colorisées "Souvenirs du siège de Paris" sont issus du recueil ci dessous:


Un ouvrage portant mal son titre est celui-ci. Dans ce bouquin l'auteur s'intéresse surtout à la première garde nationale de la révolution de 1789, ne consacrant que quelques pauvres et inutiles pages à la période 1870-1871. A lire mais vous n'y apprendrez rien sur la GN de l'année terrible.


9 commentaires:

  1. Cher monsieur, vous avez utilisé plusieurs reproductions de photos de Draner venant de mon blog, ce n'est pas un reproche c'est pour me situer. Or l'une que vous n'avez pas prise est relative au Franc-Tireurs du Colonel Aronssohn, mon grand-père (oui, je sais ça fait toujours cet effet là vu qu'il est né en 1834, mais c'est ainsi) J'aurais été fier de voir honorer sa mémoire sur votre blog, sinon pour sa guerre de Crimée, sa direction de francs tireurs équipés à ses frais en 70, mais aussi son rôle joué lors de la commune. Je comprends bien que votre blog est plus pointu, plus ciblé. Mais l'Histoire ne se limite pas à un corps, n'est-ce pas ?

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    1. Bonjour monsieur, je serais ravi de mettre en ligne un "papier" sur l'unité du colonel Aronssohn et son parcours. Mais je dois avouer que présentement, je dispose de peu de documentation sur ce sujet. Le log n'est pas si ciblé que vous le dites étant donné que j'ai traité de bien d'autres sujets et concernant la période qui nous intéresse, de d'autres corps, comme les Tirailleurs de la Seine.

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  2. Bonjour cher ami
    excusez mon français, ce n'est pas ma langue natale.
    Je apprécie beaucoup votre travail, en particulier sur la Commune.
    Je fais des recherches semblables, si vous voulez bien repondre a ma mail
    (alberto.angiolini@prodigious.com) je vous envjera un pdf
    avec mes recherches sur franc tireur, garibaldiens et communards.
    Merci
    alberto

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  3. galon sur le col de RAZOUA: brevete d'etat major

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  4. bonjour, votre page s'ouvre sur l'image d'un garde national blessé face à son chien. Auriez-vous plus d'information sur cette oeuvre ? Son auteur, date ?
    cordialement
    J-F L

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  5. I apologize for my English. Please let me know if you could find anything on Michel Joly, officer payeur au 112 bataillon. Photographs, documents, descriptions - anything.
    Merci,
    Serge

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  6. I apologize for my English. Please let me know if you could find anything on Michel Joly, officer payeur au 112 bataillon. Photographs, documents, descriptions - anything.
    Merci,
    Serge

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  7. Bonjour
    Mon ailleul Félix Theisz était captitaine à la garde national pendant la Commune,et il y est blessé sur les baricades à neuilly.et mourra de ses blessure à l'ambulance de l'ambassade legislative le 7 mai 1871.
    Un héro ,meme si l'histoire n'en parle pas.
    Son frére était Albert Theis,directeur des postes de Paris.
    J'aurai aimé savoir si vous pouviez m'aider à avoir des information sur le capitaine Félix theisz né le 19/09/1828 à dunkerque et fils de Félix et de Caroline Stober.Une photo aurai était le plus grand bonheur
    vous remerciant par avance cordialement
    sebastien

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  8. Bonjour Monsieur, aussi moi je ne parle très bien le français, pardonnez-moi. Je cherche des informations sur les origines du sakko, sur les vêtements en forme de sac, qui étions porté avant les années 1860eme. J'ai trouvé termes comme ›paletot-vareuse‹ (élégant: Journal des Tailleurs : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/cb32766045h/date), ›blouse-redingote‹ (Henriette Vanier, La Mode et ses Métiers, 1960, KIOSQUE) et ›redingote-guérite‹ (Histoire de ma vie, G. Sand) et aujourd'hui ›capote de guérite‹ dans votre blog et, ce que m´aide beaucoup, des photos des capotes. Si vous avez d´autres instructions sur ces vêtements je vous demande poliment de répondre à mon adresse email :
    julia.burde@t-online.de
    Il faut dire, que toutes mes recherches sont en allemand et en forme de textes pour ma dissertation. Si vous êtes intéressés pourtant, je les vous enverrai. Merci beaucoup pour ce blog informatif et impressionnant. Julia Burde, Berlin

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