samedi 24 mars 2012

Lamma bada - Natacha Atlas.


Un peu d’orientalisme...d'un air arabo-andalou des plus connus, mais aussi des plus beaux. Il existe mille et une versions. Une d'elle, que je n'arrive pas à trouver et uniquement instrumentale je crois, apparaît dans le film canal + sur Carlos, à la fin. Qu'importe, celle de Natacha Atlas est superbe. 



Abd El-Kader عبد القادر بن محي الدين


J'ai vu hier la maison des canons avec lesquels on renverse les remparts (Musée d'artillerie); je vois aujourd'hui la machine (l'imprimerie) avec laquelle on renverse les rois. Ce qui en sort ressemble à la goutte d'eau venue du ciel : si elle tombe dans le coquillage entrouvert, elle produit la perle; si elle tombe dans la bouche de la vipère, elle produit le venin.

Abd El-Kader, 1852, dans Abd El-Kader sa vie politique et militaire, d'Alexandre Bellemare, Hachette, 1863.

Et nos chevaux blancs ? C'est la monture des princes.Quand l'aurore se montre, ils font pâlir la lune d'effroi.


Lui, l'homme fauve du désert,

Lui, le sultan né sous les palmes,
Le compagnon des lions roux,
Le hadji farouche aux yeux calmes,
L'émir pensif, féroce et doux ;

Lui, sombre et fatal personnage
Qui, spectre pâle au blanc burnous,
Bondissait, ivre de carnage,
Puis tombait dans l'ombre à genoux ;

Qui, de sa tente ouvrant les toiles,
Et priant au bord du chemin,
Tranquille, montrait aux étoiles
Ses mains teintes de sang humain ;

Qui donnait à boire aux épées,
Et qui, rêveur mystérieux,
Assis sur des têtes coupées,
Contemplait la beauté des cieux ;

Châtiments (1853), Victor Hugo



Du dégoût de vivre.


La littérature n'a qu'une raison d'être, sauver celui qui la fait du dégoût de vivre. 

Joris-Karl Huӱsmans,  Là-bas .

Marinetti - La maladie du luxe.

La dernière partie de cette proclamation est très contestable, sinon abjecte. Comment penser que la femme n'est faite que pour la procréation de "guerriers"? Que la femme n'est là que pour perpétuer la race? Marinetti contredit par ses conclusions, bien des points de son exposé. Cela dit, le reste de sa fable et notamment les points 1 à 7, sont on ne peut plus pertinents et en outre, d'actualité. La révolution sexuelle débouche sur une marchandisation des corps et des sentiments.


1- La manie grandissante du luxe féminin manifeste de jour en jour, avec l’imbécilité masculine, le symptôme d’une véritable maladie.

2- Cette manie maladive condamne de plus en plus la femme à une prostitution masquée mais inévitable. On voit partout, dans toutes les classes sociales, l’offre inconsciente et vaniteuse du corps féminin embelli par la toilette. Changer de toilette trois fois par jour veut dire exposer trois fois son corps au marché, pour les mâles acheteurs. L’offre rabaisse la valeur de la femme comme objet précieux et mystérieux. L’offre éloigne le mâle qui méprise la femme facile, veut découvrir et lutter pour jouir.


3- L’offre, alors même qu’elle est suivie de la vente exclut, toujours, l’idée de monopole. Le mâle pour désirer une femme doit pouvoir espérer le monopole de cette femme.

4- La manie maladive du luxe pousse les mâles au crime.



5- Cette manie maladive détruit l’amour.

6- Cette manie maladive détruit l’attraction épidermique et le plaisir charnel ; elle détruit le charme de la femme, autant que l’usage de la nudité dans les bordels. Les bijoux et les étoffes agréables au toucher détruisent chez le mâle le pur plaisir du toucher, qui s’exerce directement sur la chair féminine. Les parfums sont également contraires au vrai désir, parce qu’ils collaborent rarement avec les odeurs de la peau, combinent souvent avec eux un résultat désagréable, et distraient toujours l’odorat-imagination du mâle.


Le mâle perd peu à peu le sens puissant de la chair féminine et le remplace par une vague sensibilité indécise et artificielle qui répond seulement à la soie, aux bijoux et aux fourrures.
Ils sont de plus en plus rares, les mâles capables de prendre une femme et d’en jouir sans se préoccuper du cadre et du contact des étoffes, des chatoiements et des couleurs. La femme nue ne plaît guère. Les mâles se transforment en bijoutiers, parfumeurs, couturiers, modistes, repasseurs, brodeurs et pédérastes. La manie de la toilette favorise singulièrement le développement de la pédérastie et il faudra bientôt imiter ce doge très intelligent de Venise, qui obligea les belles vénitiennes à s’exposer, gorge nue, entre deux chandelles, à leur fenêtre, pour reconduire les mâles sur la bonne route.


7- Cette manie maladive développe stupidement la vanité de la femme, la détache du mâle et la dirige vers le financier. L’obsédante passion des étoffes et des bijoux éteint dans la femme la naturelle ardeur du sang et la joie de la dédition charnelle, et crée chez elle une véritable luxure de la soie, des velours, des bijoux.

8- Cette manie maladive qui se propage épidémiquement et imitativement dans le beau sexe, bien loin de différencier les femmes, les égalise toutes en monotonisant leur force de séduction. Considérez, attentivement par ces midis surprenants et lumineux de printemps prématuré toutes les dames de tous pays qui passent dans la rue Vittorio Veneto, à Rome. Elles sont toutes identiques. Nombreuses copies de deux ou trois modèles crées à Paris. Ennuyeuse et stupide soumission au goût étranger. Plagiat idiot que l’instinct artistique du mâle finit par mépriser.


9- Seulement les femmes ou les pédérastes savent juger les détails des dessous féminins. Un mâle, mâle, même très raffiné et très artiste, juge globalement l’ensemble agréable d’une femme qui se déshabille devant lui. Il en apprécie surtout l’intelligence physique.

10- Chaque femme belle, laissant aux femmes mûres ou laides le soin de se défendre par un luxe acharné, doit inventer sa toilette, couper elle-même sa robe, pour faire de son corps simplement orné un poème vivant absolument original. Chaque femme doit bien marcher, s’asseoir et se coucher avec grâce. Bien des jeunes filles marchent le dos courbé et les jambes ouvertes. Elles ont toutes besoin de gymnastique et de sport.
Nous autres futuristes, barbares très raffinés mais très virils, vivons dans tous les milieux, nous sommes sinon toujours aimés, du moins jamais dédaignés. Nous avons interrogé les mâles à succès : ils sont de notre avis. Nous ne parlons guère au nom de l’enfer des prêtres ni au nom de la morale. Nous parlons au nom de la race qui exige des mâles puissants et des femmes fécondées. La fécondité, pour une race comme la nôtre, est en cas de guerre sa défense indispensable, en temps de paix sa richesse de bras travailleurs et de cerveaux créateurs.
Au nom du grand avenir viril, fécond et novateur de l’Italie, nous autres futuristes nous condamnons le débordant crétinisme des femmes et l’imbécillité dévouée des mâles, qui collaborent ensemble au développement du luxe féminin, de la prostitution, de la pédérastie et de la stérilité de la race.

Filippo Tommaso Marinetti, 1920.



Un républicain de vingt ans en mars 1871.


LA CANAILLE.


On se bat à Paris ; la garde nationale armée, forte de 200 000 hommes, est en révolte ; à Montmartre, canons et mitrailleuses sont braqués sur la ville ; Vinoy est bloqué et va capituler ; Chanzy part avec 40 000 hommes pour combattre l’insurrection, etc.
Telles sont les nouvelles que les réactionnaires colportaient ces jours-ci, et l’Assemblée tremblante demandait si elle irait siéger sur le Puy-de-Dôme ou en plein Océan, et les journaux monarchistes débitaient des tirades de longue haleine sur « la populace, la vile multitude, la crapule, la canaille. »
Pauvres gens, ignorants et ingrats ! Cette canaille, que vous conspuez, pour laquelle vous n’avez pas assez d’insultes, que vous accusez de pillage et d’assassinat ; cette canaille que vous voudriez voir balayer par le canon, savez-vous ce qu’elle est, ce que vous lui devez ?
Savez-vous paysans, bourgeois égoïstes et lâches, ce qu’il y a de dévouement, de courage et de misère dans le cœur de cette canaille ?
C’est elle qui vous a fait ce que vous êtes ; c’est elle qui vous a vengés d’une oppression de dix siècles.
Paysan, qui est-ce qui t’a donné les moyens d’acheter ton champ, ta vigne et de les cultiver pour toi, pour toi seul ?
La canaille.
Bourgeois, commerçant, propriétaire, qui est-ce qui t’a donné la faculté de travailler pour toi, pour toi seul, d’amasser, de sortir de la misère, de te faire un petit bien-être ? Qui est-ce qui travaille pour toi et t’enrichit ?
La canaille.
Et vous député, avocat, médecin, homme de lettres, professeur, capitaine, qui est-ce qui vous a permis de montrer votre licence et votre mérite et de prendre place au soleil ?
La canaille.
Vous tous, tant que vous êtes, qui vous a faits hommes libres, citoyens ?

La canaille de 1789, de 1830, de 1848.

Cette canaille, si vous l’aviez écoutée et suivie, le 2 décembre, aurait déjoué avec vous les projets du parjure Bonaparte ; si vous aviez voté comme elle, elle aurait renversé le second Empire, et prévenu la ruine et la honte de la patrie ; elle aurait peut-être sauvé la France le 31 octobre si vous l’aviez un peu mieux connue et si vous aviez eu plus de confiance en elle.

C’est elle qui fait les révolutions et sans en profiter.

Qu'y gagne-telle, la canaille ?

La misère, la haine de ceux qu’elle sert, parfois l’exile, souvent la mort.

Malgré ses bienfaits et son abnégation, vous n’avez pour elle que l’injure ; vous savez bien qu’elle fusille les voleurs qui se glissent dans ses rangs, et que si parfois ses mains sont teintes de sang, c’est qu’elle punit ses traîtres ou se venge d’un usurpateur.
Elle se désavoue (sic) pour vous, et vous n’avez pour elle que l’insulte, l’ingratitude pour la remercier.
Vous ne vous souvenez pas même que vos pères faisaient partie de cette canaille, et vous ne songez pas que vous en faisiez partie vous-mêmes, mais sans gloire, si vos pères avaient été aussi égoïstes et aussi lâches que vous.


Wildwood Flower



Wildwood Flower


Oh, I'll twine with my mingles and waving black hair
With the roses so red and the lilies so fair
And the myrtle so bright with the emerald hue
The pale and the leader and eyes look like blue

Oh I'll dance, I will sing and my laugh shall be gay
I will charm every heart, in his crown I will sway
When I woke from my dreaming, my idol was clay
All portion of love had all flown away

Oh he taught me to love him and promised to love
And to cherish me over all others above
How my heart is now wond'ring no mis'ry can tell
He's left me no warning, no words of farewell

Oh, he taught me to love him and called me his flower
That was blooming to cheer him through life's dreary hour
Oh, I long to see him and regret the dark hour
He's gone and neglected this pale wildwood flower 

Chanson et mélodie de : A.P. Carter
Version: Reese Witherspoon dans le film "Walk the line"