FUMER NE TUE PAS. TRAVAILLER OUI.
« Dans mes dégoûts surtout, j’ai des goûts élégants ; Tu sais j’avais lâché la vie avec des gants. » Tristan Corbière
dimanche 25 mars 2012
samedi 24 mars 2012
Lamma bada - Natacha Atlas.
Un peu d’orientalisme...d'un air arabo-andalou des plus connus, mais aussi des plus beaux. Il existe mille et une versions. Une d'elle, que je n'arrive pas à trouver et uniquement instrumentale je crois, apparaît dans le film canal + sur Carlos, à la fin. Qu'importe, celle de Natacha Atlas est superbe.
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Abd El-Kader عبد القادر بن محي الدين
J'ai vu hier la maison des canons avec lesquels on renverse
les remparts (Musée d'artillerie); je vois aujourd'hui la machine
(l'imprimerie) avec laquelle on renverse les rois. Ce qui en sort ressemble à
la goutte d'eau venue du ciel : si elle tombe dans le coquillage entrouvert,
elle produit la perle; si elle tombe dans la bouche de la vipère, elle produit
le venin.
Abd El-Kader, 1852, dans Abd El-Kader sa vie politique et
militaire, d'Alexandre Bellemare, Hachette, 1863.
Et nos chevaux blancs ? C'est la monture des princes.Quand
l'aurore se montre, ils font pâlir la lune d'effroi.
Lui, l'homme fauve du désert,
Lui, le sultan né sous les palmes,
Le compagnon des lions roux,
Le hadji farouche aux yeux calmes,
L'émir pensif, féroce et doux ;
Lui, sombre et fatal personnage
Qui, spectre pâle au blanc burnous,
Bondissait, ivre de carnage,
Puis tombait dans l'ombre à genoux ;
Qui, de sa tente ouvrant les toiles,
Et priant au bord du chemin,
Tranquille, montrait aux étoiles
Ses mains teintes de sang humain ;
Qui donnait à boire aux épées,
Et qui, rêveur mystérieux,
Assis sur des têtes coupées,
Contemplait la beauté des cieux ;
Châtiments (1853), Victor Hugo
Du dégoût de vivre.
La littérature n'a qu'une raison d'être, sauver celui qui la
fait du dégoût de vivre.
Joris-Karl Huӱsmans, Là-bas .
Marinetti - La maladie du luxe.
La dernière partie de cette proclamation est très contestable, sinon abjecte. Comment penser que la femme n'est faite que pour la procréation de "guerriers"? Que la femme n'est là que pour perpétuer la race? Marinetti contredit par ses conclusions, bien des points de son exposé. Cela dit, le reste de sa fable et notamment les points 1 à 7, sont on ne peut plus pertinents et en outre, d'actualité. La révolution sexuelle débouche
sur une marchandisation des corps et des sentiments.
1- La manie grandissante du luxe féminin manifeste de jour
en jour, avec l’imbécilité masculine, le symptôme d’une véritable maladie.
2- Cette manie maladive condamne de plus en plus la femme à
une prostitution masquée mais inévitable. On voit partout, dans toutes les
classes sociales, l’offre inconsciente et vaniteuse du corps féminin embelli
par la toilette. Changer de toilette trois fois par jour veut dire exposer
trois fois son corps au marché, pour les mâles acheteurs. L’offre rabaisse la
valeur de la femme comme objet précieux et mystérieux. L’offre éloigne le mâle
qui méprise la femme facile, veut découvrir et lutter pour jouir.
3- L’offre, alors même qu’elle est suivie de la vente
exclut, toujours, l’idée de monopole. Le mâle pour désirer une femme doit
pouvoir espérer le monopole de cette femme.
4- La manie maladive du luxe pousse les mâles au crime.
5- Cette manie maladive détruit l’amour.
6- Cette manie maladive détruit l’attraction épidermique et
le plaisir charnel ; elle détruit le charme de la femme, autant que l’usage de
la nudité dans les bordels. Les bijoux et les étoffes agréables au toucher
détruisent chez le mâle le pur plaisir du toucher, qui s’exerce directement sur
la chair féminine. Les parfums sont également contraires au vrai désir, parce
qu’ils collaborent rarement avec les odeurs de la peau, combinent souvent avec
eux un résultat désagréable, et distraient toujours l’odorat-imagination du
mâle.
Le mâle perd peu à peu le sens puissant de la chair féminine
et le remplace par une vague sensibilité indécise et artificielle qui répond
seulement à la soie, aux bijoux et aux fourrures.
Ils sont de plus en plus rares, les mâles capables de
prendre une femme et d’en jouir sans se préoccuper du cadre et du contact des
étoffes, des chatoiements et des couleurs. La femme nue ne plaît guère. Les
mâles se transforment en bijoutiers, parfumeurs, couturiers, modistes,
repasseurs, brodeurs et pédérastes. La manie de la toilette favorise
singulièrement le développement de la pédérastie et il faudra bientôt imiter ce
doge très intelligent de Venise, qui obligea les belles vénitiennes à
s’exposer, gorge nue, entre deux chandelles, à leur fenêtre, pour reconduire
les mâles sur la bonne route.
7- Cette manie maladive développe stupidement la vanité de
la femme, la détache du mâle et la dirige vers le financier. L’obsédante
passion des étoffes et des bijoux éteint dans la femme la naturelle ardeur du
sang et la joie de la dédition charnelle, et crée chez elle une véritable
luxure de la soie, des velours, des bijoux.
8- Cette manie maladive qui se propage épidémiquement et
imitativement dans le beau sexe, bien loin de différencier les femmes, les
égalise toutes en monotonisant leur force de séduction. Considérez,
attentivement par ces midis surprenants et lumineux de printemps prématuré
toutes les dames de tous pays qui passent dans la rue Vittorio Veneto, à Rome.
Elles sont toutes identiques. Nombreuses copies de deux ou trois modèles crées
à Paris. Ennuyeuse et stupide soumission au goût étranger. Plagiat idiot que
l’instinct artistique du mâle finit par mépriser.
9- Seulement les femmes ou les pédérastes savent juger les
détails des dessous féminins. Un mâle, mâle, même très raffiné et très artiste,
juge globalement l’ensemble agréable d’une femme qui se déshabille devant lui.
Il en apprécie surtout l’intelligence physique.
10- Chaque femme belle, laissant aux femmes mûres ou laides
le soin de se défendre par un luxe acharné, doit inventer sa toilette, couper
elle-même sa robe, pour faire de son corps simplement orné un poème vivant
absolument original. Chaque femme doit bien marcher, s’asseoir et se coucher
avec grâce. Bien des jeunes filles marchent le dos courbé et les jambes
ouvertes. Elles ont toutes besoin de gymnastique et de sport.
Nous autres futuristes, barbares très raffinés mais très
virils, vivons dans tous les milieux, nous sommes sinon toujours aimés, du
moins jamais dédaignés. Nous avons interrogé les mâles à succès : ils sont de
notre avis. Nous ne parlons guère au nom de l’enfer des prêtres ni au nom de la
morale. Nous parlons au nom de la race qui exige des mâles puissants et des
femmes fécondées. La fécondité, pour une race comme la nôtre, est en cas de
guerre sa défense indispensable, en temps de paix sa richesse de bras
travailleurs et de cerveaux créateurs.
Au nom du grand avenir viril, fécond et novateur de
l’Italie, nous autres futuristes nous condamnons le débordant crétinisme des
femmes et l’imbécillité dévouée des mâles, qui collaborent ensemble au
développement du luxe féminin, de la prostitution, de la pédérastie et de la stérilité
de la race.
Filippo Tommaso Marinetti, 1920.
Un républicain de vingt ans en mars 1871.
LA CANAILLE.
On se bat à Paris ; la garde nationale armée, forte
de 200 000 hommes, est en révolte ; à Montmartre, canons et mitrailleuses sont
braqués sur la ville ; Vinoy est bloqué et va capituler ; Chanzy part avec 40
000 hommes pour combattre l’insurrection, etc.
Telles sont les nouvelles que les réactionnaires
colportaient ces jours-ci, et l’Assemblée tremblante demandait si elle irait
siéger sur le Puy-de-Dôme ou en plein Océan, et les journaux monarchistes
débitaient des tirades de longue haleine sur « la populace, la vile multitude, la
crapule, la canaille. »
Pauvres gens, ignorants et ingrats ! Cette
canaille, que vous conspuez, pour laquelle vous n’avez pas assez d’insultes,
que vous accusez de pillage et d’assassinat ; cette canaille que vous voudriez
voir balayer par le canon, savez-vous ce qu’elle est, ce que vous lui devez ?
Savez-vous paysans, bourgeois égoïstes et lâches,
ce qu’il y a de dévouement, de courage et de misère dans le cœur de cette
canaille ?
C’est elle qui vous a fait ce que vous êtes ; c’est
elle qui vous a vengés d’une oppression de dix siècles.
Paysan, qui est-ce qui t’a donné les moyens
d’acheter ton champ, ta vigne et de les cultiver pour toi, pour toi seul ?
La canaille.
Bourgeois, commerçant, propriétaire, qui est-ce qui
t’a donné la faculté de travailler pour toi, pour toi seul, d’amasser, de
sortir de la misère, de te faire un petit bien-être ? Qui est-ce qui travaille
pour toi et t’enrichit ?
La canaille.
Et vous député, avocat, médecin, homme de lettres,
professeur, capitaine, qui est-ce qui vous a permis de montrer votre licence et
votre mérite et de prendre place au soleil ?
La canaille.
Vous tous, tant que vous êtes, qui vous a faits
hommes libres, citoyens ?
La canaille de 1789, de 1830, de 1848.
Cette canaille, si vous l’aviez écoutée et suivie,
le 2 décembre, aurait déjoué avec vous les projets du parjure Bonaparte ; si
vous aviez voté comme elle, elle aurait renversé le second Empire, et prévenu
la ruine et la honte de la patrie ; elle aurait peut-être sauvé la France le 31
octobre si vous l’aviez un peu mieux connue et si vous aviez eu plus de confiance
en elle.
C’est elle qui fait les révolutions et sans en
profiter.
Qu'y gagne-telle, la canaille ?
La misère, la haine de ceux qu’elle sert, parfois
l’exile, souvent la mort.
Malgré ses bienfaits et son abnégation, vous n’avez
pour elle que l’injure ; vous savez bien qu’elle fusille les voleurs qui se
glissent dans ses rangs, et que si parfois ses mains sont teintes de sang,
c’est qu’elle punit ses traîtres ou se venge d’un usurpateur.
Elle se désavoue (sic) pour vous, et vous n’avez
pour elle que l’insulte, l’ingratitude pour la remercier.
Vous ne vous souvenez pas même que vos pères
faisaient partie de cette canaille, et vous ne songez pas que vous en faisiez
partie vous-mêmes, mais sans gloire, si vos pères avaient été aussi égoïstes et
aussi lâches que vous.
Wildwood Flower
Wildwood Flower
Oh, I'll twine with my mingles and waving black hair
With the roses so red and the lilies so fair
And the myrtle so bright with the emerald hue
The pale and the leader and eyes look like blue
Oh I'll dance, I will sing and my laugh shall be gay
I will charm every heart, in his crown I will sway
When I woke from my dreaming, my idol was clay
All portion of love had all flown away
Oh he taught me to love him and promised to love
And to cherish me over all others above
How my heart is now wond'ring no mis'ry can tell
He's left me no warning, no words of farewell
Oh, he taught me to love him and called me his flower
That was blooming to cheer him through life's dreary hour
Oh, I long to see him and regret the dark hour
He's gone and neglected this pale wildwood flower
Chanson et mélodie de : A.P. Carter
Version: Reese Witherspoon dans le film "Walk the line"
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